Gallerie Wagner - Le Touquet
Membre du Comité Professionnel des Galeries d'Art
• Expositions : 19 Rue des Grands Augustins 75006 Paris
• Siège : 96 Rue de Paris 62520 Le Touquet Paris-Plage
06 62 16 16 28 • 01 42 03 79 43 [email protected]

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Geneviève CLAISSE

• Née à Quiévy (Nord) – décédée en 2018 / Born in Quiévy (Nord) – died in 2018
• Autodidacte, disciple de Herbin / Self-taught, disciple of Herbin
• 1958 : Première exposition personnelle à la galerie Caille à Cambrai et Galerie Hybler à Paris / First solo exhibition at the Caille gallery in Cambrai and Hybler gallery in Paris
• 1961  : Première exposition à la galerie Denise René où elle exposera ensuite régulièrement /First exhibition at the Denise René gallery where she will then exhibit regularly

L’artiste, grande figure de l’art abstrait géométrique, est aujourd’hui présente dans de nombreux musées et collections particulières / The artist, a great figure of geometric abstract art, is today present in many museums and private collections.

FR

L’artiste, grande figure de l’art abstrait géométrique, est aujourd’hui présente dans de nombreux musées et collections particulières.

« Mon vocabulaire s’ouvre à la recherche du mouvement- et des espaces multiples – animant le plan de la surface peinte. Le cercle et le triangle, traités tour à tour et séparément, sont des thèmes privilégiés de compositions sérielles où la simplicité extrême des formes est transfigurée par l’intensité chaque fois différente des rapports de couleur. »

G. Claisse

Geneviève Claisse n’a a priori aucune velléité d’architecture mais explore des mises en espace de couleurs, de plans et de lignes. Son regard sur le monde a croisé un jour celui d’un des célèbres architectes actuels. A ce sujet, elle raconte une étrange histoire d’un exceptionnel moment de création. Ainsi, quand l’architecture engendre la peinture, il y a la rencontre du construit et du sensible. Une nuit de cet hiver, elle fut réveillée par un rêve insolite ayant pour sujet l’architecte Oscar Niemeyer, qui construisit de nombreux bâtiments de Brasilia, et dont elle avait vu un documentaire la veille. Le rêve s’incarna au milieu de la nuit dans une série de dessins faits sous l’emprise du subjectif. Dans un moment de grande maîtrise de son crayon, elle traça à main levée des dessins, des rythmes obliques syncopés se coupant à angle droit.

“Je me suis réveillée, j’ai pris mon carnet d’esquisses et j’ai commencé à dessiner de façon intuitive comme je le fais toujours, mais c’était tellement clair que même les couleurs se sont imposées à moi.” La fusion onirique entre dessiner sous l’influence d’un rêve et la communion avec un architecte a généré des dessins si équilibrés qu’ils ont tous donné naissance à un tableau, le dessin devenant une architecture sublimée par la sensibilité de l’artiste. Comme pour prendre ses distances avec une quelconque récupération par l’architecture, les dessins sont construits sur l’oblique qui mène le regard d’un point à un autre suivant le trait que Geneviève Claisse fait descendre de haut en bas et de la gauche vers la droite. Les lignes sont libres et génèrent le mouvement. Elles font suite aux formes intangibles que sont le carré, le cercle et le triangle sur lesquelles elle avait d’abord fondé les bases de ses peintures et s’était délivrée de la matérialité du sujet pour ne laisser agir que l’intuition de la création. Elle nomme ses peintures Opérateur omnipotent, Opérateur générateur, Opérateur mono-ciné-tique … pour rappeler que l’artiste décide des rapprochements avec sa conception du réel qui, en l’occurrence, s’avère renvoyer au champ du scientifique dans lequel il est rare que les arts plastiques aient des connivences. Geneviève Claisse dessine partout où elle se trouve, d’abord dans son atelier et maintenant de plus en plus à des moments imprévisibles, dans la rue, dans une chambre d’hôtel, comme d’autres écriraient un journal. “Mon écriture c’est le dessin. Tout le passé, tout ce que j’ai dessiné est là quand je prends un crayon.” “Quand j’observe mes dessins, raconte-t-elle, si je ne “vois” pas de couleur dedans, je n’en fais pas une peinture. Mais si la couleur intervient dans le dessin, il devient alors une œuvre. Le dessin évolue vers une gouache puis un tableau.” Des couleurs sous forme de petits carrés ponctuent les rythmes linéaires, Il arrive que la construction des dessins s’appuie sur un carré noir, parte dans l’infini à travers un jaune lumineux ou un bleu.

Le jeu des lignes met alors en valeur ces quelques couleurs de bleu, de rouge, de jaune ou de vert, La gamme actuelle de bleu, pour ne choisir qu’une couleur, est un mélange de bleu outremer teinté de bleu de cobalt dans une gamme qui varie d’intensité. “Dans le bleu, il y a tellement de nuances, confie-t-elle. Le jaune est la couleur de la lumière, le bleu va vers l’obscur mais aussi vers le blanc. Les nuances sont si nombreuses que j’arrive toujours à trouver la valeur de coloration que j’attends car c’est une couleur d’une grande finesse. C’est une couleur que je dois maîtriser, Les couleurs changent selon les époques : vert puis rouge. Depuis deux ans, un point bleu domine mes tableaux.” La couleur arrive en dernier et pourtant toute I ‘œuvre tourne autour. “Si je ne ressens pas la couleur, le dessin ne fera jamais un tableau. La couleur est la vie de I ’œuvre. Elle donne la vie. C’est ma motivation pour créer que d’amener la vie et non pas “le beau” qui est un mot qui ne veut rien dire.”

Geneviève Claisse possède cette science innée de la couleur. “J’ai toujours été très à l’aise avec les couleurs. Elles font partie des choses naturelles.” Pendant des années, sa recherche intense et poussée des couleurs jusqu’à leur paroxysme leur a fait rendre tout ce qu’elles possèdent. Aujourd’hui, le blanc domine la toile, la couleur est inscrite sur des surfaces limitées et pourtant irradie non pas en saturation mais en immatérialité. Un autre espace immense entraîne le regard au-delà de la peau du tableau ou du dessin qui devient un fragment de son monde à elle qu’elle nous offre de partager.

Dominique SZYMUSIAK

Conservatrice du Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis

 

EN

« My vocabulary is based on the search of the movement – and the multiple spaces – animating the plane of the painted surface. The circle and the triangle, treated in turn and separately, are privileged themes of serial compositions where the extreme simplicity of the shapes is transfigured by the intensity each time different of the connections of colour. « 

G. Claisse

 Geneviève Claisse has no intention of becoming an architect, but explores the spatial arrangement of colours, plans and lines. Her view of the world once crossed with that of one of today’s famous architects. In this regard, she tells a strange story of an exceptional moment of creation. Thus, when architecture leads to painting, there is a meeting of the constructive and the sensitive. One night that winter, she was awakened by an unusual dream about the architect Oscar Niemeyer, who built many of the buildings in Brasilia, and about whom she had seen a documentary the night before. In the middle of the night, the dream was embodied in a series of drawings made under the influence of the abstract. In a moment of great control of her pencil, she drew freehand, syncopated oblique rhythms intersecting at a square angle.

« I woke up, took my sketchbook and started drawing intuitively as I always do, but it was so clear that even the colours imposed themselves on me. » The oneiric fusion between drawing under the influence of a dream and in communion with an architect, generated drawings so balanced that they all gave birth to a painting, the drawing becoming an architecture sublimated by the artist’s sensitivity.

As if to distance herself from any recuperation by architecture, the drawings are built on the oblique which leads the eye from one point to another following the line that Geneviève Claisse draws down from top to bottom and from left to right. The lines are open and generate movement. They follow the intangible forms of the square, the circle and the triangle, on which she had initially based her paintings and freed herself from the materiality of the subject to let only the intuition of creation act. She calls her paintings Omnipotent Operator, Generating Operator, Mono-kinetic Operator… to remind us that the artist decides on the connections with her conception of the real which, in this case, turns out to refer to the field of science in which it is rare that the plastic arts have connivances. Geneviève Claisse draws everywhere she is, first in her studio and now more and more at unpredictable moments, in the street, in a hotel room, as others would write a diary. « My writing is drawing. All the past, everything I’ve drawn is there when I pick up a pencil. » « When I look at my drawings, » she says, « if I don’t ‘see’ colour in it, I don’t make it a painting. But if colour is involved in the drawing, it becomes a work of art. The drawing evolves into a gouache and then a painting. » Colours in the form of small squares punctuate the linear rhythms. Sometimes the construction of the drawings is based on a black square, going off into infinity through a luminous yellow or a blue.

The pattern then highlights these few colours of blue, red, yellow or green. The current range of blue, to choose just one colour, is a mixture of ultramarine blue tinted with cobalt blue in a range that differs in intensity. “In blue there are so many shades, » she says. Yellow is the colour of light, blue goes towards the darkness but also towards white. The shades are so numerous that I always manage to find the colour value I want because it is a very subtle colour. It is a colour that I have to master, the colours change according to the times: green then red. For the last two years, a blue spot has dominated my paintings. » The colour comes last and yet the whole work is based on it. « If I don’t feel the colour, the drawing will never become a painting. Colour is the heart of the work. It gives life. It is my drive to create, to bring life and not ‘beauty’ which is a word that means nothing.

Geneviève Claisse owns this natural science of colour. « I have always been comfortable with colours. They are a natural part of things. For years, her intense research of colours to their paroxysm has made them give back everything they possess. Today, white dominates the canvas, colour is registered on limited surfaces and yet radiates not in saturation but in intangibility. Another immense space leads the gaze beyond the surface of the painting or of the drawing, which becomes a fragment of her own world that she offers us to join.

 

Dominique SZYMUSIAK

Conservator of the Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis

 

Collections publiques (sélection) / Public collections (selection)

  • Musée des Beaux-Arts, Aarau
  • Musée de Cambrai, Cambrai
  • Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis
  • Musée des Beaux-Arts, La Chaux-de-Fonds
  • Musée d’Art Contemporain, Chicago
  • Musée d’Art et d’Histoire, Cholet
  • Musée d’Art Contemporain, Dunkerque
  • Louisiana’s collection in Danmark, donation Rikis Mac Crory Corp, Humlebaek
  • Musée d’Art Marcian, Kurusawa
  • Musée des Beaux-Arts, Lausanne
  • Fondation IBM Corp, New York
  • Musée Guggenheim, New York
  • Fondation Mac Crory Corp, New York
  • Fondation Camille, Paris
  • Fondation France Liberté, Paris
  • Fonds National d’Art Contemporain, Paris
  • Fonds Régional d’Art Contemporain, Paris
  • Fondation Sikkens, Rotterdam
  • Tel Aviv museum, donation Rikis Mac Crory Corp, Tel Aviv
  • LaM, Villeneuve d’Ascq
  • Musée Ritter, Waldenbuch
  • Fondation Hirschhorn, Washington
  • Das Klein Museum, Weissenstadt
  • Collection UNESCO